Revue Prescrire, sommaire n°243
  Sommaires LRP
  N°243
Octobre 2003
  « Ne comptez pas trop sur la société pour faire des réformes : réformez-vous vous-mêmes »
Jules Renard
Editorial
Froid dans le dos
Le facteur "médicament" ne peut être passé sous silence parmi tous les facteurs qui ont concouru à l'épidémie caniculaire (p. 641)
Rayon des nouveautés
Le mot de Gaspard : Mauvaise cuisine
Quand la quête de rentabilité en arrive à ruiner le niveau de preuves par la multiplicité des analyses statistiques et l'absence d'autres essais comparatifs (p. 644)
Nouveautés en soins ambulatoires
Imatinib (Glivec°)
Leucémie myéloïde chronique, nouvelle indication en première ligne : des résultats favorables à confirmer (p. 645-648)
Point de vue de la rédaction
Imatinib et traitement de deuxième ligne de la leucémie myéloïde chronique : quels sont les effets à long terme ?
Les données récentes concernant les résultats à long terme des premiers essais de l'imatinib en traitement de la leucémie myéloïde chronique ne sont pas disponibles. Soignants et malades ont droit à une information complète. Les résultats initiaux étaient prometteurs. Faut-il continuer à prescrire l'imatinib dans cette situation, ou est-ce devenu inutile, voire dangereux ? (p. 647)
Vertéporfine (Visudyne°)
Nouvelle indication : une utilisation de moins en moins fondée dans certains cas de dégénérescence maculaire liée à l'âge (p. 649-652)
Travoprost (Travatan°)
Me too : autre analogue de la prostaglandine F2 alpha, un petit avantage de conservation (p. 653)
Nouveautés à l'hôpital
Voriconazole (Vfend°)
Aspergillose invasive : un intérêt à confirmer (p. 654-658)
Ertapénem (Invanz°)
Pas d'avantage démontré sur les autres bêtalactamines (p. 659)
Daclizumab (Zenapax°)
Transplantation rénale de l'enfant : le basiliximab reste la référence (p. 660)
Actualités à la loupe
Tarif forfaitaire de responsabilité : Un début d'application
Mieux vaux se concentrer sur la prescription en DCI (p. 661)
Mémantine remboursable
Ebixa° est désormais remboursable, et à prescription restreinte (p. 661)
Vaccin grippal saison 2003-2004
Souches vaccinales et prise en charge inchangées (p. 662)
Réapparition du sirop Nopron°
Conditionnement et notice ont évolué, mais mieux vaut prescrire le moins possible ce sirop hypnotique (p. 662)
Nifuroxazide : restriction chez l'enfant
Le mieux serait de ne pas utiliser le nifuroxazide, qui n'a pas d'efficacité clinique démontrée, et risque de faire oublier la réhydratation nécessaire (p. 663)
Lévétiracétam : en ville et remboursable
Keppra° est désormais en officine, et à peu près aussi cher qu'avant la négociation du prix public remboursable (p. 663)
Vaccins méningococciques C : agrément collectivités
Mais pas d'inscription sur la liste des spécialités remboursables par la Sécurité sociale (p. 664)
Contraception d'urgence : lévonorgestrel en une seule prise
Le nouveau RCP prend en compte l'efficacité de la posologie en une prise (p. 664)
Test tuberculinique pour intradermoréaction : prix à la hausse !
Tubertest°, disponible aux États-Unis d'Amérique depuis de nombreuses années sous le nom de Tubersol°, arrive en France au prix fort (p. 665-666)
Point de vue de la Rédaction "Protection des données" : une arme industrielle anti-génériques
L'allongement du délai d'interdiction d'utiliser le dossier d'évaluation clinique d'un médicament "princeps" prôné par la Commission européenne entraîne un allongement de l'exclusivité commerciale et un retard à l'arrivée des génériques (p. 666)

Nelfinavir En deux prises chez l'enfant (p. 664)
20 copies Acébutolol Irex° comprimés, etc. (p. 667-668)
Hydrocortisone dermique 3 nouvelles copies (p. 667)
4 mini-changements Catapressan° comprimés, etc. (p. 668)
Déremboursements Suite (p. 668)
11 compléments de gamme-copies Aciclovir Arrow° injectable, etc. (p. 669)
Conditionnements Inadaptés (p. 669)
Le segment-clé du mois -pénem (p. 669)
Doliprane° et Efferalgan° À la baisse (p. 670)
22 arrêts de commercialisation Amoxicilline GNR° 500 mg préparation injectable, etc. (p. 670)
Étanercept Remboursable (p. 670)

Vigilance
Topiramate et hyperthermie Enfants et patients traités par d'autres médicaments prédisposant aux troubles liés à la chaleur sont les plus exposés (p. 671)
Idées suicidaires chez l'enfant sous paroxétine ou venlafaxine Une raison de plus pour limiter l'usage de psychotropes chez l'enfant (p. 671)
Somatropine et syndrome de Prader-Willi Des risques graves, y compris de décès (p. 671)
Néphropathie et inhibiteurs de la pompe à protons Penser à la responsabilité d'un inhibiteur de la pompe à protons en cas de troubles rénaux inexpliqués par ailleurs (p. 671)
La saga des anorexigènes amphétaminiques
Tous les dérivés amphétaminiques encore commercialisés à la fin des années 1990 comme anorexigènes ont été retirés du marché français du fait d'effets indésirables cardiovasculaires graves voire mortels, tels que hypertensions artérielles pulmonaires et valvulopathies. La sibutramine, commercialisée en France depuis 2001, doit être considérée comme un médicament amphétaminique : structure chimique proche, même mécanisme d'action, nombreux effets indésirables neuropsychiatriques et cardiovasculaires communs (p. 672-676)
L'amphétamine : principaux effets, désirables ou non
L'amphétamine et son isomère dextrogyre, la dexamphétamine, ont un effet stimulant du système nerveux central et un effet sympathomimétique indirect alpha et bêta périphérique (p. 674)
Les amphétaminiques "cachés", du sevrage tabagique au diabète
Plusieurs médicaments non commercialisés comme anorexigènes sont cependant de type amphétaminique : l'amfébutamone, alias bupropion, pour le sevrage tabagique, avec en particulier des convulsions, et des réactions d'hypersensibilité ; le benfluorex pour le traitement adjuvant, en France, des hypertriglycéridémies et du diabète avec surcharge pondérale : un cas de valvulopathie grave a été publié ; des dérivés de l'éphédrine, à visée "décongestionnante" de la sphère ORL, exposent à des risques cardiovasculaires ; le méthylphénidate, pour la narcolepsie et les troubles déficitaires de l'attention avec hyperactivité chez l'enfant, entraîne parfois une accoutumance marquée et une dépendance physique (p. 677-679)
Stratégies
Les cancers du sein chez la femme
Une évolution naturelle et un pronostic très variables d'une femme à l'autre
Selon qu'il y a ou non effraction de la membrane basale du tissu conjonctif, les carcinomes du sein sont dits infiltrants, ou non infiltrants, alias in situ. Les principaux facteurs pronostiques pour les carcinomes infiltrants sont le niveau de différenciation cellulaire, l'envahissement local des vaisseaux, la taille de la tumeur, l'atteinte ganglionnaire et le nombre de ganglions envahis. Les carcinomes infiltrants peu différenciés, de moins bon pronostic, sont plus fréquents chez les femmes jeunes. Les tumeurs inflammatoires sont d'évolution rapide et de mauvais pronostic. Environ 25 % à 50 % des carcinomes canalaires in situ bien différenciés, non traités, évoluent lentement (une dizaine d'années) en carcinome infiltrant. Un carcinome lobulaire in situ indique un risque accru de carcinome canalaire infiltrant ultérieur dans l'un ou l'autre sein (p. 680-687)
Les médicaments injectables pour l'agitation aiguë chez un adulte non coopérant
Une évaluation comparative quasi-inexistante
Si une sédation médicamenteuse est nécessaire, la voie orale est préférable et parfois suffisante. Le choix d'un psychotrope sédatif par voie intramusculaire (certains neuroleptiques et certaines benzodiazépines) se fonde sur les risques connus des divers psychotropes et les aspects pratiques de leur utilisation. Le choix s'opère en première ligne entre l'halopéridol et une benzodiazépine : en France, en l'absence de commercialisation du lorazépam, benzodiazépine la mieux évaluée dans cette situation, on a le choix entre diazépam et clorazépate (p. 688-692)
Les anti-thrombotiques après infarctus du myocarde
Préférer un anticoagulant oral chez certains patients à risque élevé de récidives
Après infarctus du myocarde, un traitement antithrombotique au long cours est justifié. Un traitement anticoagulant oral semble un peu plus efficace pour prévenir les récidives, mais il est plus risqué que l'aspirine. Selon le contexte et les préférences du patient, les traitements ayant la meilleure bénéfices-risques sont : en cas de risque thrombose élevé, soit la warfarine en visant un INR proche de 3, soit une association warfarine en visant un INR entre 2 et 2,5 + aspirine (75 mg par jour) ; en cas de risque hémorragique particulier, l'aspirine seule (75 à 150 mg par jour). Le clopidogrel est une alternative en cas d'intolérance à l'aspirine (p. 693-697)
Mercure : ne pas abuser de certains poissons
Il convient de limiter la consommation des gros poissons de haute mer, qui expose au risque de toxicité du mercure : 1 à 2 repas par semaine dans la population générale ; 1 repas par mois pour les femmes enceintes et les enfants jusqu'à 2 ans (p. 697-698)
Homéopathie et asthme allergique
Dans un essai clinique de bonne qualité, l'immunothérapie homéopathique n'a pas été supérieure au placebo pour traiter les patients ayant un asthme allergique à la poussière de maison (p. 698-699)
L'exercice physique bénéfique aux femmes après la ménopause
Mortalité totale et morbidité cardiovasculaire moindres chez les femmes ménopausées qui pratiquent régulièrement une activité physique (p. 699)
Risque familial de cancer colorectal
Le risque augmente avec le nombre de parents au premier degré atteints et avec la précocité de la découverte de ces cancers (p. 700)
Vaccination systématique des nourrissons
Moins d'infections pneumococciques invasives (p. 700)
Ouvertures
Éditorial
Publicités pharmaceutiques : le trompe-l'œil des références bibliographiques
Malgré les contrôles, et malgré des références à des articles parus dans des revues réputées, les publicités pharmaceutiques restent trompeuses (p. 701)
En bref
Mobilisation face à la résurgence de la syphilis (p. 702) • Le risque de suicide après une tentative ne diminue pas avec le temps (p. 702)
Europe - Charte des droits fondamentaux
Plusieurs articles de la Charte des droits fondamentaux des citoyens de l'Union européenne concernent des droits spécifiques à la santé et à la protection sociale. D'autres articles concernent les moyens d'action des citoyens auprès des institutions européennes (p. 703-706)
Les observatoires régionaux de la santé
Les observatoires ont pour mission de participer à l'amélioration de la connaissance de l'état de santé et des besoins de la population dans chaque région (p. 706-707)
Sites web
FNORS
Fédération nationale des observatoires régionaux de la santé (p. 708-709)
Lu pour vous
Asthme. Savoir utile ! (p. 709) • Recueil des principaux problèmes de santé en France (p. 709)
Forum
À la une
Prescription sous surveillance (p. 710)
Dossier
La médicamentation de la société : un exemple de pharmacologie sociale (p. 712-714)
Courriers
Canicule, où est le problème ? (p. 711) • Doutes (p. 713) • L'homéopathie, c'est compliqué (p. 713) • Bouddhisme (p. 713)
Luc Cifer
Morte-saison (p. 714)
Prescrire en questions
Les insulines de marques différentes sont-elles vraiment équivalentes ?
Au sein d'une même catégorie (par exemple, les insulines rapides), pas de différence tangible du point de vue thérapeutique ; mais attention aux risques de confusion par les patients (p. 715)
Comment obtenir des données scientifiques et techniques sur un médicament ?
L'accès aux données scientifiques et techniques n'est toujours pas garanti en Europe dans le domaine du médicament en 2003, alors que des améliorations sensibles existent dans d'autres domaines, celui des aliments par exemple. En attendant, on ne peut que persévérer auprès des agences et des firmes pharmaceutiques, en s'appuyant sur les textes existants (p. 715-716)
Traitement substitutif des hypothyroïdies : T4 ou association T3 +T4 ?
La lévothyroxine (L-Thyroxine°, Levothyrox°) est habituellement utilisée seule. L'évaluation comparative de l'association de la lévothyroxine avec la liothyronine (Cynomel°) est pauvre et ses résultats discordants. En attendant une évaluation digne de ce nom, on peut proposer cette association aux patients se plaignant de troubles évocateurs d'hypothyroïdie malgré une TSH normalisée, le risque d'effet indésirable ne semblant pas accru par la liothyronine (p. 716)
Et aussi
Test de lecture 2003/2004 Questionnaire n° 2 (p. 717-718)
Take it easy Exercise n° 89 Fatal acute iron intoxication (p. 719)
Électronique Take it Easy : également sur le Site internet Prescrire (p. 720)
Ours (IIe de couv)
Précisions et corrections Sels de réhydratation orale (IIe de couv)
Publicité à la loupe Financer la recherche ou la promotion ? (IIIe de couv)